Fiscalité
Genève ou Vaud : votre impôt dépend de votre employeur, pas de votre maison
Selon le canton où vous travaillez, vous êtes imposé à la source en Suisse ou déclaré en France. Ça change votre budget, et donc la commune que vous pouvez viser.
Deux frontaliers habitent la même rue à Saint-Julien-en-Genevois. L'un travaille à Genève, l'autre à Nyon, dans le canton de Vaud. Ils ne paient pas leurs impôts au même endroit, ni de la même manière — et leur capacité d'achat n'est pas la même.
Vous travaillez à Genève : imposé à la source, en Suisse
Le canton de Genève n'a jamais adhéré à l'accord franco-suisse de 1983. Il prélève l'impôt directement sur votre salaire, à la source, selon son propre barème. Genève reverse ensuite une compensation financière aux départements français où vivent ses frontaliers — c'est l'origine de la « compensation genevoise » dont bénéficient la Haute-Savoie et l'Ain.
En France, vous déclarez ce salaire, mais il n'y est pas imposé une seconde fois ; il sert à calculer le taux applicable à vos autres revenus.
Point important : si au moins 90 % des revenus de votre foyer sont de source suisse, vous pouvez demander le statut de quasi-résident et être taxé comme un résident genevois, avec les déductions correspondantes — souvent plus favorable que le barème à la source. Ça se demande chaque année, dans un délai précis.
Vous travaillez dans le canton de Vaud, à Neuchâtel, dans le Jura, à Bâle, à Berne, en Valais ou à Soleure : imposé en France
Ces cantons appliquent l'accord de 1983 : le frontalier qui rentre chez lui chaque jour est imposé dans son pays de résidence. Vous fournissez chaque année à votre employeur une attestation de résidence fiscale française, et votre salaire suisse est imposé en France, au barème français, converti en euros. La France reverse une part aux cantons.
Concrètement : pas de retenue suisse, mais un impôt français à provisionner — et un budget mensuel qui s'en ressent, parce que la banque, elle, raisonne en net avant impôt français.
Le télétravail a une limite
Depuis l'accord franco-suisse de décembre 2022, un frontalier peut télétravailler depuis la France jusqu'à 40 % de son temps sans perdre son régime fiscal. Au-delà, la part travaillée en France devient imposable en France, avec des complications. À vérifier avec votre employeur avant de choisir une commune éloignée en comptant sur trois jours de télétravail.
Ce que ça change pour votre achat
- Un frontalier genevois voit son net réel après impôt suisse ; sa capacité d'emprunt se calcule sur ce net-là.
- Un frontalier vaudois ou bâlois a un net plus élevé sur sa fiche de paie, mais un impôt français à payer derrière. Une banque prudente en tiendra compte ; une banque pressée, pas toujours — ce qui peut conduire à emprunter trop.
- Les deux ont intérêt à faire le calcul après impôt avant de fixer le budget, pas seulement à partir du salaire net.