Assurance-maladie
LAMal ou CMU : le choix qui dure
Trois mois pour choisir, et un choix presque irrévocable. Ce qu'il coûte, ce qu'il couvre, et pourquoi il pèse sur le budget logement.
C'est l'un des premiers papiers qu'on vous demande en arrivant, et l'un des rares choix de la vie frontalière qu'on ne peut pratiquement pas défaire.
Le principe
Un frontalier qui travaille en Suisse et vit en France doit choisir, dans les trois mois qui suivent son embauche, entre deux couvertures :
- La LAMal, l'assurance-maladie obligatoire suisse, contractée auprès d'un assureur suisse, avec une prime mensuelle fixe par personne — indépendante du revenu, mais dépendante de l'âge, de la franchise choisie et du canton.
- La CMU frontalier, c'est-à-dire l'affiliation à la Sécurité sociale française, avec une cotisation calculée en pourcentage du revenu fiscal du foyer au-delà d'un seuil.
Sans choix exprimé dans le délai, c'est la LAMal qui s'applique d'office.
Pourquoi c'est un choix budgétaire
Pour un salaire élevé, la cotisation française — proportionnelle — peut dépasser largement la prime suisse fixe. Pour un foyer avec enfants et un revenu moyen, c'est souvent l'inverse : la LAMal se paie par tête, la CMU couvre les ayants droit. L'écart se compte en centaines d'euros par mois, autant que l'écart de prix entre deux communes.
Ce que chaque option implique au quotidien
- En LAMal : soins possibles en France et en Suisse, avec des règles de remboursement différentes ; primes qui augmentent avec l'âge ; franchise annuelle et quote-part à assumer.
- En CMU : carte Vitale, médecin traitant, soins en France ; en Suisse, seule l'urgence est couverte ; une complémentaire santé française reste utile.
Le piège : l'irrévocabilité
Le choix ne peut être modifié qu'en cas de changement de situation — perte d'emploi, retour à un emploi en France, déménagement. Pas parce que les primes ont augmenté.
D'où l'importance de le faire avec une simulation sur dix ans et pas sur le seul premier bulletin.